vendredi, décembre 23, 2005

Sarkozy indigné

Nouvel Obs

Le ministre de l'Intérieur s'est par ailleurs insurgé contre "la pensée unique qui est intolérable", regrettant qu'on ne puisse "plus rien dire" sans être "immédiatement accusé de pensées nauséabondes".
"Depuis quatre ans, j'ai porté des débats qui, dans nombre de cas, étaient en opposition frontale avec les thèses du Front national", a-t-il ajouté en rappelant qu'il avait défendu les quotas d'immigrés, la discrimination positive, le vote des étrangers aux municipales, la suppression de la double peine.
"J'ai dit que l'Islam était une grande religion de France, qu'elle devait être représentée dans le cadre des institutions de la République", a-t-il également rappelé. "Et vous osez dire que je devrais avoir honte ?
A Sarkozy, je répondrai que dire les choses que d'autres n'osent pas dire n'équivaut pas à dire les choses comme elles sont. Ca s'appelle le populisme. Un autre populiste français se nomme Jean-Marie Le Pen.
Il est effectivement vrai, qu'à part Sarkozy, il n'y a pas grand monde pour parler de 'discrimination positive' ('affirmative action' en anglais). Cependant, lorsqu'on entend les propos franchement belliqueux de Sarkozy, sur la nécéssité de 'karchériser' les banlieues, on se dit que ses propos 'tolérants' sonnent assez creux.
En fait, je me demande pourquoi je perds mon temps...mon Dieu! Allah! Yahvé! c'est Noel! C'est Hanukkah! C'est Kwanzaa! (non Kwanzaa n'est pas musulman...).
Ne perdons plus notre temps avec de tels propos de politiques, qui après tout ne nous apprennent rien de très interessant. Ce sont des propos prévisibles. Si on s'intéresse à la réalité, il nous faut aller à la source, regarder les faits. L'idéologie est morte! A-t-elle même vécu...?

mercredi, décembre 21, 2005

Tentation de la simplification

Prochoix

Non seulement C.Fourest fait preuve d'un manque d'imagination en paraphrasant le titre du film "Un Racisme à peine voilé", mais elle fait aussi preuve d'une imagination sans bornes en inventant un lien imaginaire entre anti-sionisme et anti-semitisme d'une part, et d'autre part en insinuant que le mot 'islamophobie' cache, dans la bouche d' "une certaine gauche" un sentiment pro-islamiste d'autre part. Bel hommage à Orwell!

mardi, décembre 13, 2005

Violences à Sydney

On ne sait pas ce que ce policier est en train de dire à ces jeunes, mais on aurait aimé que cette scène ait pu se passer dans nos banlieues...

Les violences à Sydney consisteraient d'attaques de blancs australiens sur d'autres d'origine 'arabe et méditéranéenne' suite à une attaque sur des sauveteurs qui aurait été l'acte de jeunes d'origine 'arabe et méditérannéenne'. Après ce qu'on a entendu de la part de certains en France sur une prétendue origine islamiste aux violences dans les banlieues, on peut légitimement demander si ces violences à Sydney n'auraient pas des origines 'christianistes', vu que la majorité des blancs australiens sont de culture, voir de religion chrétienne.

dimanche, décembre 11, 2005

Les raveurs:le nouveau fondamentalisme?


Nouvel Obs

De Villepin découvre les SDF


Yahoo


Le Premier ministre, qui s'est rendu dimanche soir dans un centre d'hébergement d'urgence géré par le Secours catholique, dans le 18e arrondissement de Paris, a estimé que "l'un des grands problèmes auxquels on est confrontés, c'est celui de la durée des séjours et de l'organisation des séjours".


Libération

Dominique de Villepin n'a peut-être pas non plus mesuré qu'environ un tiers des sans-abris peuvent justifier d'un emploi, soit des dizaines de milliers de personnes en France. Selon une enquête de l'Insee, publiée fin 2003, trois sans domicile fixe travaillent, et quatre sont inscrits à l'ANPE. Seul un tiers est complètement coupé du monde du travail. La même étude avait cependant montré combien ces emplois sont précaires. Seulement 25% sont des contrats en CDI ; la plupart sont en CDD, interim ou temps partiel non choisi. Et 60% de ces personnes ont une ancienneté de moins de six mois. Chez les femmes, il s'agit le plus souvent d'un travail de serveuse ou dans le nettoyage. Les hommes sont essentiellement ouvriers, dans le secteur du bâtiment, du transport ou de l'entretien.

Faut-il attendre que les médias se décident à médiatiser une telle enquête pour que le Premier Ministre prenne conscience de ce problème? Est-on sensé croire que personne n'a jamais interpellé les dirigeants sur ce problème?

Libération
Mais, avec moins de 3 %, Neuilly-sur-Seine, indissociablement liée à Sarkozy (il y est toujours adjoint), ne fait guère mieux en matière de logement social. L'une et l'autre figurent dans une longue liste de 742 communes dressée par les services du ministère du Logement.
Il est tellement plus facile de rendre les associations responsables que les autorités.

lundi, décembre 05, 2005

Les homos deviennent petit à petit membres de la société..



Le Monde

A l'instar du célèbre couple homo qui doit convoler en justes noces le 21 décembre, les gays et lesbiennes qui auront officialisé leurs relations à la mairie obtiendront les mêmes avantages sociaux et fiscaux que les couples hétéros. En cas de décès du conjoint, ils pourront toucher leur retraite et hériter sans payer de droits élevés de succession. Les hôpitaux devront les traiter comme des parents proches. Les couples homosexuels signeront ce partenariat civil devant un officier civil et deux témoins. Ils disposeront du droit de dissoudre l'union par une sorte de divorce.

Envoyé spécial


Radio Canada

Anas Altikriti, un envoyé spécial de l'Association musulmane de Grande-Bretagne et d'ONG pacifistes, est arrivé samedi à Bagdad pour tenter d'obtenir la libération de l'otage britannique Norman Kember.

dimanche, décembre 04, 2005

L'Hebdo s'installe à Bondy

Bondy Blog


A force de partir, je fais ma valise en trois minutes. Sauf que d'habitude, c'est pour Kaboul ou Bagdad: chaud la journée, froid le soir, un foulard contre la poussière et de bonnes chaussures. Une cravate aussi, il y a toujours une soirée d'ambassade. Mais là, pour la banlieue, j'ai plus de peine. Je me dis faut pas faire terrain, pas parisien non plus - surtout pas parisien! C'est toute l'idée, s'installer en banlieue pour raconter autre chose que les journalistes de Saint Germain. C'était à la réunion de rédaction de mercredi. Jean-François Fournier a proposé une immersion. D'accord, j'ai dit, mais un mois c'est mieux qu'une semaine. Après tout, les maux français, chômage, immigration, violence, discrimination, éducation, sont tous en banlieue. Ce ne vous fait plus gagner une élection que d'aller comme Chirac caresser le cul des vaches au salon de l'agriculture. Faut caresser – ou fouetter – les banlieues, c'est là que vont se jouer les présidentielles de 2007, Sarkozy l'a bien compris. Le réd-chef Alain Jeannet est séduit, mais voudrait cette immersion à la frontière suisse, Annemasse ou Strasbourg, parce que cela nous concerne aussi. J'ai proposé Bondy à cause d'un point de chute, une amie de ma femme, syndicaliste et communiste dont le fils s'est converti à l'islam. C'est en Seine-Saint-Denis, le département 93, pas loin de l'origine des émeutes de la semaine dernière. D'accord, mais qui va passer un mois ou deux là-bas? On s'est dit que les journalistes de l'Hebdo pouvaient s'y relayer pendant un certain temps, le temps qu'il faudra pour bien creuser et tout comprendre, avec chacun son style et ses intérêts. On fera un blog et des articles dans chaque numéro. C'est moi qui commence, je pars ouvrir un bureau de l'Hebdo à Bondy.

samedi, décembre 03, 2005

L'opinion d'un chercheur (Emmanuel Todd)

Le Monde

Mais je ne vois rien dans les événements eux-mêmes qui sépare radicalement les enfants d'immigrés du reste de la société française. J'y vois exactement le contraire. J'interprète les événements comme un refus de marginalisation. Tout ça n'aurait pas pu se produire si ces enfants d'immigrés n'avaient pas intériorisé quelques-unes des valeurs fondamentales de la société française, dont, par exemple, le couple liberté-égalité. Du côté des autres acteurs, la police menée par le gouvernement, les autorités locales, la population non immigrée, j'ai vu de l'exaspération peut-être, mais pas de rejet en bloc.

La Philosophie (sur l'air de La Californie!)

J'ai posté le commentaire suivant sur ce blog en attendant quelquechose de plus consistant...


Bonsoir,
Je suis bilingue anglais/français et j'ai lu l'article dans Haaretz. Je ne vois franchement pas en quoi il peut être biaisé de qualifier les propos de Finkielkraut de racistes.
J'ai, comme la plupart des Français, étudié pendant un an la philosophie, et il me semble qu'un philosophe est quelqu'un qui non seulement apporte des idées nouvelles sur la vie (un peu simplifié, je sais), mais qui aussi connait la nuance. Ce que je veux dire, c'est qu'on peut très bien voir la haine dans le discours d'un Dieudonné, par exemple, sans tomber dans l'exces inverse. Dire que Finkielkraut se croyait dans une discussion 'de comptoir' n'est pas vraiment une bonne excuse pour un soi-disant intellectuel. Au contraire, cela montre sa vraie pensée (d'ailleurs même Tariq Ramadan a salué la 'sincérité' d' Alain Finkielkraut). De plus, Finkielkraut savait très bien à qui il parlait.
L'article est rempli de propos xénophobes. Il ne parle pas seulement de 'black black black'. Il critique aussi le language des banlieues, 'l'accent, les mots, la syntaxe'. Que dire alors de la langue anglaise aux Etats-Unis? Faudrait-il cesser d'utiliser des mots yiddish, comme 'chutzpah'?
Finkielkraut, comme beaucoup d'autres dailleurs, parle aussi des jeunes des banlieue comme des 'immigrés' qui doivent s'intégrer. Pourtant, comme lui, ce sont des Français, nés en France de parents immigrés, voire de grand-parents immigrés. La différence, c'est que chez eux, leur origine se voit sur leurs visages, dans leurs noms, leurs adresses. Peut-être que Finkielkraut pense que les parents maghrébins devraient nommer leurs fils 'Alain'...
Par ailleurs, Finkielkraut dit qu'il faut d'abord se sentir Français, et qu'il est aussi en colère contre les Juifs français qui s'idntifient par le Judaisme. Pourtant, à plusieurs reprises il s'identifie lui-même comme 'Juif', autant culturemmement que religieusement (il parle en des termes élogieux du 'Shul') ce qui pour un fier républicain comme lui, est un peu bizarre..
Finkielkraut dit qu'on doit aussi voir le côté 'positif' de la colonisation. Ne devrait-on pas dans ce cas aussi parler du côté 'positif' de l'occupation Nazie en France? Les deux sont des crimes contre l'humanité. Bien sûr qu'il faut parler aux enfants de tous les aspects de ces crimes, mais rien ne doit les justifier. Les Français ont commis un crime contre l'humanité par la colonisation, c'est un fait, et toutes les infrastructures qu'ils ont crées dans les colonies n'y changeront rien.
Je trouve, par ailleurs, la réaction du MRAP d'une bêtise éxtrème. Finkielkraut doit avoir le droit, tout comme Dieudonné, d'exprimer ses opinions, et de toute façon il n'y a rien dans ses propos qui incitent à la violence. Cepndant, j'ai du mal à comprendre comment les 'excuses' de Finkielkraut changent quoi que ce soit à ses propos:

"Je présente des excuses à ceux que ce personnage que je ne suis pas a blessé (...). La leçon, c'est qu'en effet je ne dois plus donner d'interview, notamment à des journaux dont je ne contrôle pas ou je ne peux pas contrôler le destin ou la traduction», a déclaré Alain Finkielkraut sur Europe 1."

Si on lit l'interview dans Haaretz, on voit noir sur blanc le 'personnage' qu'est Finkielkraut. De plus, quelle aplomb de vouloir contrôler ce que disent des journalistes! Est-ce ça la démocracie à la Finkielkraut?
Il y en aurait beaucoup plus à dire, mais il faudrait des heures...

Dr Sentamu


Le nouvel Archevêque de York (R.U.)

lundi, novembre 28, 2005

Un portail pour la France

Window to France

Voici un excellent site, avec des auteurs hors pairs (ahem!). Venez nombreux les encourager!

Attention Sida!

Sarcome Kaposi


Libération

«Année noire». «C'est un échec, lâche un activiste d'Act Up. 2005, année où le sida a été déclaré grande cause nationale, se révèle être une année noire.» «Même dans un pays comme la France, l'infection au VIH et le sida restent un problème majeur, plus de vingt ans après la découverte du virus», note dans son éditorial le BEH (1).

Pierre Seel, déporté homosexuel est mort

OODR.com

Triangles Roses


Les déportés se fondent-ils tous dans un même creuset de souffrance et de persécution ? Sont-ils tous également victimes d'une même barbarie ou, comme le souligne un philosophe, "subsiste-t-il entre les différentes catégories de détenus quelque chose de la structure totalitaire de ce qu'étaient les camps de concentration nazis ?". Pendant des années, les homosexuels qui souhaitaient rendre hommage à leurs aînés morts en déportation ont été tenus à l'écart des manifestations officielles. A plusieurs occasions, leurs gerbes ont même été piétinées par des délégations d'anciens déportés. Aujourd'hui encore, lors des commémorations de la Journée nationale du souvenir, les associations homosexuelles doivent, dans le meilleur des cas, se contenter d'un mince strapontin. Leurs dépôts de gerbe sont le plus souvent dissociés de la cérémonie principale. A Paris, cette cérémonie "subalterne" n'est autorisée qu'après le départ des invités officiels, des représentants des autorités et de la Garde républicaine...

Devoir et mémoire

Ceci dit, en Avril dernier, le Président Chirac a reconnu la déportation des homosexuels.

Discours du Président de la République pour la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation.


Il est à noter que la disparition de ce témoin de la barbarie n'est rapportée que par quelques médias homosexuels ou militants. Ah oui, et au journal de minuit sur France3...

dimanche, novembre 27, 2005

Le saviez-vous?


Eh bien merci Wall Street Journal...
Posté ici pour la postérité.

SOCIÉTÉ - La laïcité version marseillaise Depuis plus de dix ans, Marseille prend ses aises avec le dogme de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. C’est pourquoi la cité phocéenne a mieux vécu les semaines d’émeutes.

Le Rap incriminé


Le Monde

Invoquer la liberté d'expression n'est pas se cacher derièrre elle. Quoi qu'on pense de ce que disent certains rappeurs, ils on autant le droit que les fascistes de s'exprimer. Telle est la liberté d'expression.
Par ailleurs quand Mr Grosdidier accuse certains rappeurs de 'racisme', lorsqu'ils insultent la France, c'est insinuer qu'ils ne sont pas Français. C'est pas gagné l'intégration...
Finalement, invoquer la violence du rap juste après les émeutes, c'est être franchement de mauvaise foi. Les membres du gouvernement n'étant pas assez idiot pour faire de telles déclarations (...), ils envoient leurs sous-fifres...


Invoquer la liberté d'expression n'est pas se cacher derièrre elle. Quoi qu'on pense de ce que disent certains rappeurs, ils on autant le droit que les fascistes de s'exprimer. Telle est la liberté d'expression.
Par ailleurs quand Mr Grosdidier accuse certains rappeurs de 'racisme', lorsqu'ils insultent la France, c'est insinuer qu'ils ne sont pas Français. C'est pas gagné l'intégration...
Finalement, invoquer la violence du rap juste après les émeutes, c'est être franchement de mauvaise foi. Les membres du gouvernement n'étant pas assez idiot pour faire de telles déclarations (...), ils envoient leurs sous-fifres...

Sarkozy et la discrimination positive

Posté ici pour la postérité

Pour commencer, Monsieur Sarkozy dit que rien ne justifie d'incendier les voitures d'autrui et que l'Etat se devait donc de punir. Comme le dit Laurent Lévy à Lmsi.net, qu'en est-il d'autres "débordements"? Le fait de polluer un canal, de détourner un paquebot ou d'incendier une usine serait-il moins "inadmissible"?
Il semblerait qu'il soit important de ménager les travailleurs, mais que la 'racaille' aille...enfin vous m'avez compris.

Pour ce qui est du fond de son article: Passons sur l'évident opportunisme de Sarkozy (oui oui, je sais, je ne suis qu'un gauchiste pleurnichard!). Ce qui semble intérésser Sarkozy surtout, en bon démocrate qu'il est, c'est le droit à la mobilité sociale.

Bien sûr, les entreprises, à commencer par les plus grandes, doivent apporter une contribution essentielle au déblocage de l'ascenseur social dans nos banlieues les plus défavorisées.
En amont, nous pourrions développer des bourses de service public destinées à financer les études des élèves les plus méritants des ZEP, dès lors qu'ils s'engagent à passer un concours de la fonction publique.
Sarkozy pense-t-il que tout ce qui intéresse les jeunes, c'est d'accéder à la fonction publique? Ce que veulent les jeunes, c'est avant tout d'être traités en Français qu'ils sont.
Ils se sont de plus en plus organisés à côté de nous et de moins en moins avec nous.

A qui s'adresse-t-il? Pas aux jeunes dont il parle, apparemment. On dirait que ces jeunes dont il parle sont un groupe à part que 'nous' nous devons d'acceuilir parmis 'nous'. Eh! Sarko, réveille toi:'eux', c'est 'nous' et 'nous', c'est 'eux'!

La discrimination positive, ça ne suffit pas. C'est tout un système qu'il faut changer. Il faut adresser le racisme qui existe, non seulement dans l'accés à l'emploi, mais aussi dans la police. Il faut arreter de construire des ghettos à l'écart des villes, séparés par des périphériques. Il faut intégrer les cultures d'origine des Français issus de l'immigration, et cesser de vouloir les occulter. Il faut non seulement encourager les medias à présenter plus de Français d'origine étrangère, mais aussi à moins présenter les immigrés et leurs déscendants sous un jour aussi paternaliste qu'ils le font (deux exemples vus récemment: "St Jacques, La Mecque" de Colline Serreau et "Adèle et Kamel" de Vincent Monnet, tous deux par ailleurs avec le même 'gentil Arabe', Aymen Saïdi).
C'est beaucoup demander, je le sais, pour un pays aussi attaché à son idéologie Républicaine. M'enfin, on peut bien rêver, non?

jeudi, novembre 24, 2005

Medaille des Justes

Top J

Hélène Duc, Protestante, à qui Israel remet la médaille des Justes pour avoir sauvé des Juifs pendant l'Occupation, a dit sur France Inter:

"Nous savions que nos ancètres étaient les Gaulois et pour la religion c'étaient les Juifs".
Je ne voudrais pas insinuer qu'Hélène Duc le croie vraiment aujourd'hui, mais c'est là vraiment un bon exemple de l'infantilisme que représentent le nationalisme et la religion.

Alcoolisme

Nouvel Obs

Souhaitant "informer plus qu'interdire", le directeur de l'agence CAPA a estimé que "le corps médical n'est pas formé" pour affronter cette maladie. "On a longtemps pensé que l'alcoolisme ne relevait pas du champ médical mais social".
L'alcoolisme est en effet une maladie qu'il s'agit de traiter en tant que telle. C'est cependant une maladie fortement psychologique et de fait aussi un problème social. Mr Chabalier le dit d'ailleurs: il est nécessaire que les comportements par rapport à l'alcool changent. La France n'est peut-être pas au même niveau que d'autres pays d'Europe en temes d'alcoolisme, mais il est clair qu'il y a une mauvaise perception de l'alcool dans ce pays. A partir de quel moment la consommation d'alcool passe-t-elle d'un comportement culturel à un comportement anti-social voir maladif? Chacun doit se poser cette question. Il est par ailleurs aussi anti-social sinon plus d'inciter à la consommation que de trop consommer. C'est donc l'industrie de l'alcool, tout comme les politiques qui doivent se remettre en question tout autant que les citoyens.

Violences Conjugales suite

L'Express

Cet article confirme cependant que la violence conjugale est en effet un réel problème. Comme il l'est dit dans cet article, les statistiques n'étaient pas connus jusqu'à présent. Cependant, ce n'est pas le seul problème. Comme souvent pour le viol, ces violences se passent dans un cadre intime, et sont perpétuées par des proches. Il est donc difficile dans le meilleur des cas de définir cette violence. De plus, dans beaucoup de cas la police et la justice manque de volonté. Il ne s'agit peut-être pas là d'un comportement ouvertement sexiste, mais tout au moins d'un manque d'intérêt de la part de la police et de la justice. Ceci peut peut-être s'expliquer par le fait que ces milieux, comme la plupart de instances de l'Etat, sont dominés par des hommes, mais je pense qu'il s'agit plutôt d'un manque d'intérêt de la part de l'opinion publique. La violence conjugale doit être autant fustigée que la violence raciste. Pour cela, il faut bien sûr que cette violence soit plus médiatisée, mais aussi que le débat reste rationnel. Lorsque le débat devient émotif, cela en diminue la portée, qu'il s'agisse de violence conjugale, de racisme, d'anti-sémitisme ou autres.

En France métropolitaine, une femme meurt tous les quatre jours de violences au sein du couple. Et un homme tous les seize jours. 1 décès sur 10 est le fruit de coups portés sans intention de donner la mort. Ces homicides concluent souvent, dans 2 cas sur 3, un cycle de cauchemar conjugal: 1 femme sur 2 subissait déjà des violences, pour 1 homme sur 5. Quant aux meurtriers, ils avaient eux-mêmes essuyé des coups dans le passé: c'est le cas de 1 femme auteur sur 2, et de 1 homme sur 15.

Violences Conjugales

L'Express

Toujours la même histoire, et jamais la même. L'amour à mort. Ou, plus exactement, la conjugalité à mort. Un père de famille qui assassine les siens avant de se donner la mort, un «amoureux» qui, comme Bertrand Cantat, tue sa compagne d'une volée de gifles ou d'un coup de poing trop appuyé ou, plus rarement, une femme qui réplique à son conjoint en se jetant sur lui, un couteau à la main.
Je ne suis pas fan de Cantat au point de vouloir le défendre becs et ongles. Je ne suis pas non plus un mysogine pour qui la violence conjugale serait un complot féminin. Cependant, comment se fait-il, malgrès tout ce que j'ai pu lire sur cette 'affaire', que rien ne permette de dire qu'il s'agit réellement de ce que l'on appelle communément 'violence conjugale'? Le fait qu'il ait été jugé coupable ne le démontre pas non plus, car, si il a causé la mort de Marie Trintignant, il est juste qu'il soit puni(dans la mesure ou la punition sert à quelquechose-mais cela est un autre débat), mais cela n'en fait pas pour autant un batteur de femmes. L'intuition n'est pas non plus une preuve. Si il y a sans aucun doute un grand nombre d'hommes qui battent leurs femmes, cela ne signifie pas que tous les cas de violences dans des couples sont le fait d'hommes violents. Pour faire un paralèlle, si il y a beaucoup de cas de violences racistes dans ce pays comme dans d'autres, cela ne veut pas dire que toute violence d'un blanc sur un noir est le fait de violence raciste.
Si, accidentellement ou non, Bertrand Cantat était tombé et s'était retrouvé dans le coma pour ensuite mourir, aurait-on traité Marie Trintignant de meurtrière? Je ne le pense pas.

Je ne suis pas là pour juger cette affaire-je ne suis ni juge, ni avocat, ni procureur. Du reste, cette affaire a été jugée par la loi. Elle continue cependant à être jugée par les médias et l'opinion publique. Ce qui me parait frustrant, c'est la volonté de pepetuer des jugements non-fondés. Si il y a des faits qui montrent que je me trompe, je suis pret à les voir.

Le spectre du communautarisme

lmsi.net

Le texte qui suit est extrait du livre que Laurent Lévy vient du publier aux éditions Amsterdam : Le spectre du communautarisme. Ce livre est une critique implacable, à la fois radicale, intelligente, précise et drôle, du discours anti-« communautariste » qui s’est élaboré et diffusé à grande échelle ces dernières années. Dans le sillage des analyses de Christine Delphy, Philippe Mangeot, Louis-Georges Tin ou Sylvie Tissot [1], qu’il prolonge, complète et approfondit, Laurent Lévy démasque le pseudo-« universalisme » dont se réclament les « anti-communautaristes », et montre que cet « universalisme » n’est qu’un communautarisme majoritaire, particulièrement étroit d’esprit, intolérant et agressif. Après avoir détaillé comment ce communautarisme majoritaire, qu’il nomme aussi « communautarisme gaulois », se caractérise par la volonté d’imposer à la société toute entière les normes de la majorité, il caractérise l’idéal des républicanistes d’aujourd’hui comme une « République de Procuste », et termine son livre par les pages qui suivent.

mercredi, novembre 23, 2005

Hymne National


Sports.fr

Le Président de la FIFA voudrait interdire les hymnes nationaux avant les matchs internationaux.

"Je trouve que c'est une drôle de façon de régler les problèmes de violence dans les stades. Ce n'est pas parce qu'on chante, qu'on joue un hymne national, qu'il y a des violences", a réagi le Ministre des sports.
J'ignore quels sont réellement les motivations de Sepp Blatter, mais en tous cas, cela ne me semble pas plus bizarre que de vouloir interdire les signes religieux à l'école pour éviter le racisme.

Je ne pourrais pas appeler à l'interdiction des hymnes nationaux, car alors nous n'aurions plus droit au Haka Maori!


mardi, novembre 22, 2005

Tariq Ramadan dans Le Monde

Le Monde

Je ne suis pas un lecteur avide de Mr Ramadan, mais jusqu'à présent je n'ai encore rien lu de lui qui puisse permettre de le définir comme fondamentaliste islamique. Oh, je sais, on me dira qu'il se cache derièrre le manteau respectable de la 'modération', mais alors, si rien n'en transparait dans ses écrits-y compris le fameux texte sur Finkelkraut, Henry-Levy et autres défenseurs aveugles d'Israel, qu'est-ce qui nous permet de l'affirmer? Le fait que son grand-père était fondateur des Frères Musulmans égyptiens? Les petits fils de Nazis seraient-ils aussi des Nazis?

Comme le dit Tariq Ramadan, il ne sert bien évidemment à rien de vouloir dire que tel modèle d'immigration réussit mieux qu'un autre. La réalité est qu'en Grande-Bretagne comme aux Etats Unis et comme en France, le racisme et la discrimination existent, ainsi que la haine de ceux qui se sentent rejetés envers les autorités. Aux Etats Unis comme en Grande-Bretagne on a pu voir des émeutes comparables à celles qu'on a vu dernièrement en France. Il serait pourtant simpliste de vouloir mettre les problèmes d'intégration dans divers pays sur un même plan. Ainsi, dire que les attentats de Londres sont la preuve que le modèle britannique d'intégration a échoué, serait ignorer la raisons derièrre ces attentats, c'est à dire la guerre en Iraq. De même, ceux qui disent que ce raisonnement ne tient pas debout à propos des attentats de New York et Washington, puisque il n'y avait ni guerre en Afghanistan ni en Iraq, ignorent(volontairement sans doute)les actions américaines et occidentales dans le monde qui remontent à plus d'un siècle.
Il est assez clair pour ceux qui s'y interessent que les émeutes récentes sont particulières à la France, et que comme le dit Tariq Ramadan, elles n'ont rien de religieux. Il est clair que la religion n'est qu'anecdotique, et que le vrai problème est social. Cependant, puisqu'une certaine partie grandissante de la scène politique française rejette de façon opportuniste et simpliste la faute sur la population musulmane et maghrébine, il est normal que les membres de cette population se sente mis à l'écart.
De plus, même si je partage l'opinion de Mr Ramadan sur le caractère social de la ghéttoisation aussi bien ici qu'ailleurs, je pense que la façon dont on voit et traite ceux issus de l'immigration est importante. Cela peut paraitre symbolique mais je pense qu'il est en effet important que l'on voie plus de personnes issues de minorités ethniques dans les médias et dans la politique, comme c'est le cas en Grande-Bretagne ou aux Etats Unis.
Il y a diverses raisons pour les émeutes et le sentiment de rejet que ressentent les habitants de ces quartiers. Ca ne suffira pas de dire qu'il faut mettre un présentateur beur au JT, ou même qu'il faut abandonner le modèle républicain. Les modèles Britannique et Etatsunien n'offrent pas non plus un réel sentiment d'appartenance à leurs citoyens minoritaires. Cependant, ils ont le mérite de ne pas avoir la rigidité républicaine française.

Violence policière

Libération

En toile de fond:

Dans une lettre à ses concitoyens, en septembre, il s'en prend aux gens du voyage et aux «Africains et polygames», à leurs «familles avec trois femmes et vingt enfants».

Des témoignages:

«J'ai refermé brusquement mon box, car j'étais excédée. Au même moment, Adama a haussé le ton. Un policier m'a attrapée par les cheveux, tandis que d'autres ont mis brutalement Adama à terre et là, ils se sont déchaînés sur lui : coups de pied, de matraque...»
«Ils tapaient sur monsieur Diallo avec leur bâton, c'était féroce. J'ai dit : "Arrêtez, vous allez le tuer !" Un policier m'a dit : "Dégage, le vieux!" J'ai dit : "Quoi, tu vas me taper moi ?"
Des preuves?
La cassette vidéo, sous scellés au tribunal de Meaux, attend de livrer sa vérité.
Restons vigilants.

dimanche, novembre 20, 2005

L'intégration

J'ai entendu ou lu-je ne sais plus-quelqu'un dire que les émeutiers exprimaient sûrement plus leur sentiment d'appartenance à la société française que le rejet de celle-ci. En effet, ceux qui ne se sentent pas français ont plus tendence à rester dans leur coin, tranquille. C'est ce qu'ont fait les premiers arrivants du Maghreb. Plus dangereux serait que ces jeunes rejettent effectivement la société française et se tournent vers l'extremisme religieux. Je suis sûr, d'ailleurs, qu'il existe des cas d'un tel rejet-comme on l'a sans doute vu chez les auteurs des attentats de Londres en Juillet. Ce sont des cas rares, mais je suis certain que les autorités savent que si il y a danger, c'est là qu'il se trouve, et non pas dans les émeutes des banlieues. Ces émeutes sont somme toute assez simples à adresser: une dose de repression, une dose de fausses promesses. Cependant, si certains de ces émeutiers se détournaient vraiment de la France au profit d'une appartenance religieuse, là on serait dans la m....

samedi, novembre 19, 2005

La-ment-able

Sarko abuse de sa fonction

Cécilia Sarkozy s'est exprimée, jeudi 17 novembre, sur la polémique au sujet de son autobiographie qui a été retirée des ventes.
...
"Je ne souhaite plus que notre vie privée soit médiatisée. Je ne souhaite pas en parler, je ne veux plus qu'on en parle"
Du moment où Sarkozy utilise sa position pour regler cette affaire, ça en fait une affaire publique.
Toujours selon Le Canard enchaîné, Vincent Barbare, responsable de First, a été, le 9 novembre, "convié avec une ferme courtoisie" à un entretien avec Nicolas Sarkozy, place Beauvau, "pour le lendemain".

mercredi, novembre 16, 2005

Racisme institutionnel

Edicom

«Puisque une partie de la société affiche ce comportement anti-social, il n'est par étonnant que certains d'entre eux aient des difficultés à trouver du travail», a déclaré le ministre devant des journalistes étrangers. «Des efforts doivent être faits de part et d'autre. Si des gens ne sont pas aptes à un emploi, ils ne seront pas employés»
Ne laissons pas des politiciens racistes présenter la France comme une nation de racistes!

mardi, novembre 15, 2005

Discrimination positive

Ce qu'il faut c'est des mesures qui aident les zones défavorisées, et les communautés de ces zones, comme les ZEPs. Des quotas de membres de minorités dans la politique ou dans les médias ne sont pas la solution. Pour cela, c'est la mentalité post-coloniale qu'il faut changer.

Après Tonton, Papa


Pour Jean-Paul Huchon(PS), il est important dans un moment de crise(banlieues),qu'il y aie une sorte de "parole paternelle" (de la part du Président). Est-ce cela un Président de la République?

lundi, novembre 14, 2005

Pensées laïques

Il me semble que l'Etat français est plus proche d'un état athée ou agnostique que d'un état laïque. La laïcité implique à mon sens de favoriser l'expression des croyances et des coutumes de tous sans favoriser celles d'un groupe en particulier. De plus la vraie laïcité ne devrait-elle pas enseigner et éduquer les enfants à la compréhension ainsi qu'à la tolérence de chacun? En France, le modèle républicain et laïque préfère ignorer les religions.

Enseignement de la religion

Wikipédia

La laïcité implique un enseignement d'où la formation religieuse (dans le sens enseignement de la foi) est absente. Pour autant, l'enseignement des religions n'est pas incompatible avec la laïcité, tant qu'il ne s'agit que de décrire des « us et coutumes », et si l'on présente chaque religion d'un point de vue extérieur à celle-ci (si tant est qu'il soit possible de transmettre une culture religieuse en faisant abstraction du dogme qu'elle véhicule et que l'on puisse traiter toutes les religions de manière égale).
Qu'est-ce qui nous empêche, en France, de dispenser l'enseignement des religions? On peut se le demander..

La confusion des sentiments

Sur France Inter un 'journaliste' prétend que depuis les attentats de Juillet à Londres, on cite en exemple le 'French model'. Ceci suppose que la cause de ces attentats serait une défaite du modèle d'intégration à la Britannique. C'est oublier que la raison principale pour ces attentats est la guerre en Iraq. C'est aussi oublier que la France a connu plus d'attentats Islamistes que la Grande-Bretagne.
Nous savons que simplifier, c'est le métier du journaliste. Savons nous, cependant, quel est le danger qu'il y a à croire les explications à la va vite des médias? Soit on décide de regarder les problèmes en face, et on fait évoluer les choses, soit on choisit de nier, de faire l'autruche, et le status-quo perdure.

vendredi, novembre 11, 2005

Liberté d'expression

Granika

Vue le caractère alambiqué des articles, il devient facile de mettre n’importe quel journaliste ou professeur en mauvaise posture s’il ose s’éloigner du credo sur l’histoire contemporaine ou critiquer le nombre élevé d'immigrés extra-européens. En Allemagne, par exemple, contrairement à l’Angleterre et à l’Amérique, il y a une longue tradition légale d’après laquelle ce qui n'est pas explicitement permis est interdit. En Amérique et en Angleterre, la pratique légale présuppose que ce qui n'est pas spécifiquement interdit est permis. C’est la raison pour laquelle l'Allemagne a adopté des lois rigoureuses contre le « négationnisme ». En 2002, lors de sa visite en Allemagne, l’historien américain d’origine juive, Norman Finkelstein a suggéré à la classe politique allemande de cesser d'être la «victime délibérée » des groupes de pression "de l'industrie de l’holocauste" ( titre de son essai tant controversé). Il a également fait remarqué que l’attitude servile des Allemands pourrait être totalement contre-productive en favorisant un antisémitisme aujourd’hui bien caché. Mais personne n’a su réagir positivement aux avertissements de Finkelstein, de peur d'être dénoncé comme antisémite. A l’inverse, le gouvernement allemand a accepté pour la énième fois de verser 5 milliards d'euros supplémentaires aux 800 000 survivants de la Shoah.
Je voudrais préciser que je ne partage pas forcément toutes les idées de Granika ou Tomislav Sunic. Je partage les opinions exprimés dans cet article.

jeudi, novembre 10, 2005

Alain Touraine et le 'moi national' Français

Le Monde

Le refus français des différences a aussi des raisons positives : rejet du communautarisme et défense de la citoyenneté. Ces positions sont très majoritaires en France - on l'a vu au moment du débat sur la loi qui interdit à l'école le voile islamique et les autres signes d'appartenance religieuse. J'ai partagé cette position et je continue à la défendre. Mais ce refus du communautarisme doit s'associer à la reconnaissance des différences. C'est-à-dire au droit de chaque individu de vivre dans le respect de ses appartenances culturelles. En particulier, en associant toujours la liberté des organisations religieuses et la liberté religieuse des individus.
Il me semble qu'il y a une contradiction dans la position d'Alain Touraine. Il dit bien qu'il faut reconnaitre les différences culturelles et religieuses de chacun. D'autre part, il serait naif, sinon hypocrite, de prétendre que la loi sur les signes d'appartenance religieuse ne concerne pas spécifiquement le voile islamique sous ses différentes formes. Alain Touraine montre bien cela dans son choix de mettre en avant le voile islamique. De plus, la liberté de pratiquer et d'exprimer ses différences ne doit pas être limité à certaines sphères. Cette loi est de fait un exemple flagrant du modèle d'intégration à la française, celui-là même qu'Alain Touraine voudrait critiquer.
Alain Touraine exprime bien le caractère antidémocratique du système républicain français d'une intégration assimilatoire. Cependant, il choisit la solution facile en prétendant qu'il s'agit de problèmes récents, comme si l'origine du problème ne résidait pas dans le mythe républicain lui-même.

mercredi, novembre 09, 2005

Pénaliser les parents

Nouvel Obs

"Si la République accorde des droits financiers aux parents, elle attend en retour l'exercice de l'aurorité parentale", a lancé M. Accoyer.
Voila qui prouve l'opportunisme de Mr Sarkozy. Si il voulait réellement adresser les problèmes sociaux liés aux banlieues, il ne chercherait pas à rejeter la faute sur les parents.
A Mr Accoyer, je voudrais rappeler que la République, c'est nous tous, y compris les jeunes en colère des banlieues. La République, ce n'est pas un parent bienveillant et autoritaire.

Novembre '05

AFP via Voila.fr

"Le mouvement actuel, explique-t-il, est à l'opposé de la marche des Beurs en 1983. On était alors en pleine phase d'intégration, de montée de confiance. Les 100.000 personnes qui avaient alors participé à cette marche pour l'égalité étaient tous culturellement français. Maintenant, les jeunes de banlieue disent: on ne se sent plus français".
Je pense qu'à l'époque on a tous applaudi(du haut de mes sept ans..)cette volonté d'intégration' des beurs. Avec le recul, cependant, je dirais que c'était sans doute une volonté naïve. Les problèmes d'aujourd'hui et le rejet que ressentent les déscendants d'immigrés maghrébins ne sont pas arrivés de nulle part. Sans doute qu'à l'époque l'humeur était encore à l'optimisme 'seventies', et puis le 'messie' Mitterand venait d'être élu...Cependant, le racisme post-colonial Français est issu de la colonisation bien évidemment, mais prend aussi ses racines dans les premières arrivées de 'main d'oeuvre bon marché'..les premiers arrivants ne voulaient qu'une vie meilleure, ne pensaient peut-être même pas rester. Ils ne pensaient sans doute ni à l'intégration, ni à la rebellion. La génération suivante était Française et a accepté, en grande partie, le républicanisme Français, c'est-à-dire l'assimilation. Les colères étaient plutôt dirigées contre les extrémismes fascisantes des années '80. En ce qui concerne la dernière génération, ce qu'on oublie-ou ignore-c'est que dans toute immigration, il y a des changements qui s'opèrent entre les générations. Tout comme on a plus de respect pour ses grand-parents que pour ses parents, les troisième générations d'immigrés se retournent souvent vers leurs cultures d'origine. Cela peut se manifester de façon purement culturelle, chez ceux qui en ont les moyens, mais chez d'autres cela va de pair avec une rebellion et un haine contre la culture d'adoption. Les dirigeants Français n'ont pas prévu cette réaction...il aurait fallu, cependant, intégrer les immigrés sans vouloir à tout prix les assimiler. Mais ça n'est pas compatible avec le dogme républicain.
L'explication? Pour Alain Touraine, qui avait analysé les émeutes de Vaulx-en-Velin en 1990 - elles étaient restées localisées - "il y a maintenant, en France, des phénomènes de ségrégation dans l'espace, de ghettos. Avant, il n'y avait pas de quartier homogène. Aujourd'hui, il y a des quartiers entiers ou l'on ne vend ni vin ni porc".
Je me demande à quoi peuvent bien servir des petites phrases provocatrices commes celle là. Comme si'il s'agissait d'une 'islamisation' des banlieues. Le problème est dans le rejet des immigrés et de leurs déscendants, pas dans la religion. Si on cantonne les immigrés dans des ghettos, et que la majorité des immigrés sont musulmans, évidemment qu'on n'y trouvera pas de vin ou de porc. L'offre et la demande. C'est anecdotique.

mercredi, novembre 02, 2005

Des peuples nomades...

Lmsi

Notre imaginaire collectif, s’exprimant notamment à travers la littérature ou la peinture, a depuis très longtemps considéré contre toute logique que tous ces peuples avaient une seule et unique origine, forgeant ainsi une identité fictive très mystérieuse, tour à tour objet de haine, de peur, de curiosité, de mépris, ou le cas échéant, suivant la sensibilité de l’artiste, objet d’amour ou de compassion.

Appel à la raison

On parle, ces derniers temps, beaucoup de la 'racaille' ou la 'caille-ra'. Qu'est-ce au juste? Serait-ce ces jeunes qui trainent en bandes à travers certains quartiers mal-famés en fumant des beuzes(j'éspère que ce mot n'est pas trop démodé) en parlant fort et qui vous regardent d'un air menaçant? Serait-ce ces jeunes qui mettent le feu à des bagnoles pour un oui pour un non-vraiment, on a parfois l'impression que c'est tout ce qu'ils font à longueur de journée-?Ou serait-ce ces caïds, ces dealers de shit, de crack, d'héro qui attendent nos enfants à chaque coin de rue?
C'est une question importante que je pose là. A vrai dire, elle m'obsède. Cependant, ce que je voudrais savoir, c'est pourquoi la 'caille-ra' (comme on dit) se concentre-t-elle dans certains districts de nos villes, par ailleurs si paisibles. Serait-ce que cette racaille se concentre dans les quartiers à dominance musulmane? Mais pourtant on n'entend pas parler d'émeutes quotidiennes dans les quartiers musulmans de Bombay. Et qu'en est-il en Turquie? Y a-t-il des émeutes à tour de bras comme ici, dans notre douce France? Ah, on me dit que c'est dans la culture maghrébine. Mais, voit-on des violences comparables dans les faubourgs d'Oran, Casa ou de Carthage? Mais non, c'est les dealers bien sûr! Ce sont ces caïds qui encouragent la violence pour asseoir leur autorité. Mais alors, la question se pose: pourquoi ces caïds ont-ils tant de pouvoir dans ces quartiers qu'on dit 'chauds'? Ah...vraiment; vaut mieux ne pas poser tant de questions. Vaut mieux faire confiance en notre police. Elle va la mater la police, cette racaille.Ah, heureusement qu'on peut compter sur notre chère police républicaine.

dimanche, octobre 30, 2005

La raison éxiste-t-elle encore en France?

Le Monde Diplomatique

Condamner Chomsky dans cette affaire impose, au minimum, de dire ce que l’on réprouve exactement : une erreur tactique ou le principe même de la défense inconditionnelle de la liberté d’expression ? Dans le second cas, il faut alors indiquer que la France ne possède pas, en matière d’expression d’opinions, la tradition libertaire des Etats-Unis. Là-bas, la position de Chomsky ne choque presque personne. Parfois comparée à la Ligue des droits de l’homme, l’American Civil Liberties Union, dans laquelle militent de nombreux antifascistes, porte ainsi plainte devant les tribunaux si on interdit au Ku Klux Klan ou à des groupuscules nazis de manifester, fût-ce en uniforme, dans des quartiers à majorité noire ou juive (6). Le débat à ce propos oppose donc deux traditions politiques différentes, l’une dominante en France, l’autre aux Etats-Unis, et pas un Noam Chomsky, représentant d’une ultra-gauche dévoyée, face à une France républicaine.

vendredi, octobre 28, 2005

La Lettre (Léo Férré)

Ton ombre est là, sur ma table, et je ne saurais te dire comment le soleil factice des lampes s'en arrange

Je sais que tu es là et que tu ne m'as jamais quitté jamais

Je t'ai dans moi, au profond, dans le sang, et tu cours dans mes veines

Tu passes dans mon coeur et tu te purifies dans mes poumons

Je t'ai

Je te bois, je te vis, je t'envulve et c'est bien

Je t'apporte ce soir mon enfant de longtemps, celui que je me suis fait, tout seul, qui me ressemble, qui te ressemble, qui sort de ton ventre, de ton ventre qui est dans ma tête

Tu es la soeur, la fille, la compagne et la poule de ce Dieu tout brûlant qui éclaire nos nuits depuis que nous faisons nos nuits

Je t'aime

Il me semble qu'on m'a tiré de toi et qu'on t'a sortie de moi

Quand tu parles je m'enchante

Quand je chante je te parle

Nous venons d'ailleurs, tous les deux. Personne ne le sait.

Quand je mourrai tu ne pourras plus vivre que dans l'alarme
Tu n'auras plus un moment à toi
Tu seras mienne, par-delà ce chemin qui nous séparera
Et je t'appellerai
Et tu viendras

Si tu mourrais, tu m'appellerais

Je suis la vie pour toi, et la peine, et la joie, et la Mort

Je meurs dans toi, et nos morts rassemblées feront une nouvelle vie,
Unique, comme si deux étoiles se rencontraient, comme si elles devaient le faire de toute éternité, comme si elles se collaient pour jouir à jamais

Ce que tu fais, c'est bien, puisque tu m'aimes

Ce que je fais, c'est bien, puisque je t'aime

A ce jour, à cette heure, à toujours, Mon Amour

Jugement

Des pensées...
Tout le monde juge, tout le temps. Avoir une opinion, c'est par définition juger, puisque cette opinion va à l'encontre de celles d'autres personnes. On peut décider de ne pas laisser notre jugement de l'opinion de quelqu'un influencer notre jugement de la personne, mais c'est tout.
On peut aussi décider de ne pas partager notre jugement de l'opinion de quelqu'un, mais n'est-ce pas là faire preuve d'un manque de courage? Il faut avoir le courage de ses opinions, dit-on. Mais ce n'est là qu'un jugement!

jeudi, octobre 27, 2005

Les propos d'Ahmadinejad

RFI

«Bientôt, nous connaîtrons un monde sans Israël et sans les Etats-Unis (…). La nation musulmane ne permettra pas à son ennemi historique de vivre en son coeur même»

«Les dirigeants de la nation musulmane qui reconnaîtront Israël brûleront dans les flammes de la colère de leur propre peuple»,
L'idée que cette 'menace' est sérieuse est du domaine du fantasme. Ce ne'est que de la pure propagande, au même titre que quand Bush parle de 'croisade', d''axe du mal' ou encore quand certains dirigeants français parlent d'islamisation de la France ou de dangers pour l'idéal républicain. D'ailleurs l'appel aux instincts de peur face à l'Iran est elle même une forme de propagande.

Le vice-Premier ministre israélien Shimon Peres a appelé à l'expulsion de l'Iran de l'ONU.

Oh la! ne serait-ce pas là de l'islamophobie?

mercredi, octobre 26, 2005

Sarkozy à Argenteuil

Nouvel Obs

"Ils ont raison de ne pas être contents, ils ont compris qu'on allait casser leur économie souterraine" a affirmé, Nicolas Sarkozy.
Le ministre de l'intérieur se montre tel qu'il est: Un cowboy en croisade contre toute expression de colère...tiens, ça me rappelle un certain...W.

En amont, il y aura les Renseignements généraux (RG) qui "vont investir les quartiers", a-t-il expliqué. "Au besoin, on louera des appartements, on mettra en place des technologies pour faire du renseignement et fournir les preuves à la justice", a-t-il précisé.
On louera des appartements...comme ça y en aura encore moins pour les sans-abris!
Je ne sais pas comment on a pu croire que Chirac & co. étaient moins dangereux que Le Pen...

Fausse argumentation

Qualification par association
Description : Argument qui se fonde sur l’idée selon laquelle le fait qu’une personne soit associée de quelque façon à une autre lui confère les traits de cette autre personne. Les traits associés peuvent être négatifs ou positifs.
Exemple :
Vlad a joué avec les meilleurs musiciens du pays. Il doit donc être bon. [On dira alors qu’il a du prestige par association.]
Ce chanteur s’est produit aux noces d’un Hells Angels. La police devrait l’avoir à l’œil. [On dira alors qu’il est coupable par association.]


Pro-Choix
On savait déjà que Dieudonné avait eu des mots plutôt tendres envers l'un des cadres du FN accusé de tenir des propos révisionnistes qui lui ont valu d'être suspendu de ses fonctions de maître de conférence à l'université de Lyon III... On sait désormais que l'admiration est réciproque. Ainsi le site de Jean-Marie Le Pen affiche-t-il un message de soutien à l'humoriste contre Marc-Olivier Fogiel dont nous reproduisons la prose tellement elle parle d'elle-même....

Dieudonné-Jean-Marie Le Pen même combat !!!


samedi, octobre 22, 2005

Parlons laxisme

Voici un vieux texte sur l'insécurité. Ici, ou ailleurs, c'est toujours d'actualité.

Parlons laxisme


L’article qui est à l’origine de la "Lettre ouverte" de Jacques Heuclin

Tournons-nous vers le discours qui se tient aujourd’hui en haut lieu à propos de la violence et de l’insécurité. D’un côté, après le meurtre de l’un des leurs, des milliers de policiers manifestent contre le ’’laxisme de la justice’’, en compagnie du dirigeant d’un grand syndicat (Marc Blondel) et avec le soutien du Premier ministre (Lionel Jospin), qui déclare ’’comprendre et partager leur colère’’. De l’autre, tout le monde semble avoir déjà oublié qu’il y a trois semaines, un tribunal d’assises acquittait un policier reconnu coupable d’un meurtre.

Les faits méritent d’être rappelés, afin d’éclairer le débat qui est en train de s’ouvrir sur la justice et son supposé ’’laxisme’’. Le 25 mai 1991, Aïssa Ihich, dix-neuf ans, meurt d’une crise d’asthme au commissariat de Mantes-la-Jolie, après avoir été tabassé par des policiers, devant témoins (un groupe de CRS). Les policiers et le médecin de la garde à vue sont laissés en liberté en attente du procès, qui n’a finalement lieu que dix ans plus tard, en 2001. Les accusés en sortent libres, avec seulement quelques mois de sursis. Le 9 juin 1991, Youssef Khaif, vingt-trois ans, est abattu par le policier Pascal Hiblot d’une balle dans la nuque, alors qu’il est en train de fuir une interpellation et qu’il se trouve à une distance de plus de dix mètres (d’après l’expertise balistique et l’autopsie). Le policier est laissé en liberté et le procureur n’ouvre aucune instruction. Après une plainte de la famille, une première instruction aboutit à un non-lieu. Après appel, un procès a finalement lieu, plus de dix ans après les faits, mais il se conclut, le 28 septembre dernier, par un acquittement.

Soulignons que ce laxisme-là n’est pas l’exception mais la règle : si les assassins de policiers croupissent en prison de nombreuses années, il est en revanche rarissime que les ’’bavures’’ policières causent à leurs auteurs ne serait-ce qu’une journée de prison. Souvenons nous, entre autres exemples, qu’en décembre 1998, Habib, dix-sept ans, était abattu à bout portant par un policier alors qu’il était en train de voler un autoradio : le policier fut laissé en liberté en attente de son procès, qui eut finalement lieu en septembre dernier. Le policier en est sorti libre, avec simplement trois ans de sursis. Rappelons aussi que le 17 décembre 1991, Abdelkader Bouziane, seize ans, était abattu d’une balle dans la nuque par un policier : dix ans plus tard, le policier n’a pas fait une seule journée de prison, et le Parquet d’Orléans vient de requérir un non-lieu.

Rappelons par ailleurs, à titre de comparaison, que le coéquipier de Youssef Khaïf, lui, a pris trois mois fermes pour vol de voiture, et que Saïdi Lhadj, qui avait renversé accidentellement une collègue de Pascal Hiblot, ce même soir du 9 juin 1991, a été condamné pour homicide involontaire à dix ans de prison ferme. Rappelons enfin que quelques années plus tard, un autre jeune de Mantes la Jolie a été condamné à quatorze ans de prison ferme pour avoir blessé un policier en lui tirant dessus. [1]

Ces faits appellent quelques questions, et en premier lieu celle-ci : Lionel Jospin, si prompt ces derniers jours à ’’partager la colère’’ des policiers, a-t-il eu un mot pour les proches de Youssef Khaif, a-t-il ’’partagé leur colère’’ après l’acquittement de son meurtrier ? La réponse est non. Lionel Jospin n’a rien dit, de même qu’il a brillé par son absence et son silence le 17 octobre dernier, lorsque des milliers de manifestants ont commémoré le quarantième anniversaire des massacres d’octobre 1961, et que Bertrand Delanoë a inauguré une plaque sur le Pont Neuf en hommage aux quelque deux-cent Algériens alors assassinés par... la police parisienne.

Autre question : Marc Blondel est-il allé à Mantes-la-Jolie le 29 septembre dernier, se joindre au dernier hommage à Youssef Khaïf, comme il s’est joint mardi dernier au cortège des policiers en colère ? Est-il allé au procès, soutenir la famille de la victime ? Là encore, la réponse est non. Ni Blondel, ni Thibaut, ni Notat, ni Hollande, ni Hue, ni Lipietz, ni Mamère, ni Laguiller, ni Krivine. Seul était présent Bruno Mégret, venu soutenir le policier coupable. Aux côtés de la famille Khaïf, aucun parti, aucun syndicat. Seul le MIB (Mouvement de l’immigration et des banlieues) était réellement présent, ainsi que quelques membres de la CNT, du MRAP ou de l’Observatoire des Libertés Publiques.

Dernière question : à chaque fois qu’un policier se fait tuer, sa photo fait la une de plusieurs quotidiens, mais combien de photos d’Aissa Ihich, de Youssef Khaif, d’Abdelkader Bouziane et des autres à la une de France-soir ou du Parisien ? Aucune. Et à la une des autres journaux ? Pas tellement plus.

Parlons laxisme, donc, mais demandons-nous où se trouve le laxisme le plus avéré, le plus extrême et le plus criminel. Et interrogeons-nous sur le cas que ’’nos’’ démocraties font du principe de l’égalité en dignité et en droits. Mesurons, enfin, le prix que ’’nos’’ dirigeants, ’’nos’’ grands médias et ’’notre’’ justice accordent à une vie de ’’jeune des banlieues’’.

Pierre Tévanian

Pierre Tévanian

Une version plus longue de ce texte est parue dans L’Humanité le mercredi 31 octobre et dans Libération le 2 novembre 2001. Ce texte est à l’origine d’une Lettre ouverte" de Jacques Heuclin, commentée sur ce site : cf. "Le philosophe, le député-maire et les "irrécupérables", dans la rubrique "Étude de cas"]]

jeudi, octobre 20, 2005

Sujets sensibles et censure

Hier je me suis entendu dire quelque chose qui m'a littéralement fait bondir. Ca m'a tellement choqué que je voulais en parler immédiatement, mais je me suis dit "la nuit porte conseil". Eh bien, la nuit a porté conseil, et je suis toujours autant en colère, bien que légèrement plus calme...
"Sur les sujets sensibles, il n'y a pas de place pour un discours logique" m'a-t-elle dit.
"QUOI?!" ais-je hurlé(intérieurement).
Le sujet sensible en question était la prostitution.J'avais démontré-à l'aide d'arguments logiques-que la prostitution ayant éxisté 'depuis la nuit des temps', et étant donné qu'elle éxistera sûrement encore longtemps, il est nécéssaire de légaliser complètement, afin d'offrir plus de protection aux travailleuses du sexe.
J'accepte que tous ne sont pas forcément de la même opinion, mais on doit présenter des arguments logiques si l'on veut démontrer que la légalisation est dangereuse. Tout ce que la personne en face de moi a pu me dire, était des arguments en forme de quéstions, du genre "dans quelle profession, à part la boxe, risque-t-on plus de se faire tabasser que dans la prostitution?". Hmmm...Et ça prouve quoi? Je n'aurais même pas dû répondre à un tel 'argument'.
Le pire, c'est que j'étais accusé d'ignorer les faits, c'est-à-dire que les prostituées sont régulièrement violentées. Exactement! En général par les flics, les macs et les clients. Si la loi reconnait réellement la prostitution, les flics seront moins enclins à tabasser les travailleuses (et travailleurs) du sexe. Aux Pays-Bas, la prostitution est plus ou moins légale(de même que certaines drogues), et le proxénétisme reste un délit. En ce qui concerne les clients qui abusent des prostituées, il serait beaucoup plus facile de les poursuivre si la prostitution était réellement reconnue et organisée.
Voila comment j'ai présenté de façon logique mes arguments. Que me répond-t-on alors? Que les sujets sensibles ne permettent pas le discours logique. Je plains les prostituées!

mercredi, octobre 19, 2005

Le pardon

Nouvel Obs
C'est sûr que ce sera dur pour les enfants de pardonner leurs parents. Cependant, n'oublions pas que c'est à la société de les juger, et non pas les proches.

jeudi, octobre 13, 2005

mercredi, octobre 12, 2005

La Parole à Pascal Sevran!


yahoo
Pascal met les pendules à l'heure et revendique la 'paternité' de quelques stars ac.

Suite de l'affaire...

yahoo

"Et je n'ai pas attendu Dieudonné pour défendre des idées républicaines et combattre le racisme de façon claire à une heure de grande écoute."
Ah...les fameuses valeurs républicaines...que ferait on sans elles?!

L'affaire Dieudonné/Fogiel

yahoo!

Marc-Olivier Fogiel et France 3 avaient diffusé un SMS présenté comme émanant d'un téléspectateur mais qu'un collaborateur de l'émission a ensuite reconnu devant la justice avoir lui-même rédigé.

Ca parait clair. Il y a eu fabrication. Or, à priori, le SMS était présenté comme émanant d'un téléspectateur. Peut-on appeler ça de la diffamation? je ne le sais pas-je ne le pense pas; cependant, est-ce moralement acceptable de la part d'un média public? pas d'après moi, et si cette histoire est vraie, je dirais que Mr Fogiel ferait bien de démissionner. Mais bien sûr seuls ceux qui n'ont pas assez d'audience démissionnent, c'est bien connu!

samedi, octobre 08, 2005

Antisémitisme

lien
Philosophe ou majicien des mots? Tout d'abord on utilise le terme 'sémite' à tort pour définir exclusivement les juifs (antisémite), alors que le terme évoque un groupe de langues orientales dont l'Hébreu et l'Arabe. Ensuite on confond sionisme et pro-Israel (Anti-Israel équivaudrait à antisionisme), alors qu'il y a de nombreux sionistes opposés à un état juif. Maintenant, Alain Finkielkraut redéfinit à lui tout seul le terme 'antisémite'.

En revanche, l’antisémitisme qui se développe est un antisémitisme qui s’exprime au nom de la religion humaine. Non pas au nom de la nation contre la croyance dans la similitude des hommes et dans leurs droits égaux, mais au nom de la religion de l’humanité. On reproche aux Juifs de trahir ces droits. C’est un antisémitisme qu’on ne peut pas culpabiliser par référence au passé puisqu’il n’a rien à voir avec ce passé. Ce n’est pas un antisémitisme de type racial, qui suscite généralement une mobilisation générale. C’est un antisémitisme antiraciste”, expliqua Alain Finkielkraut.
Alors être humaniste serait à présent antisémite? Peut-on alors dire que c'est anti-chrétien ou anti-musulman?
“Il ne s’agit pas d’une haine raciale contre laquelle ils pourraient protester en traînant leurs détracteurs devant les tribunaux. Comment fait-on pour combattre la haine antiraciste? C’est très difficile”, note-t-il.
Il est apparemment primordial de trainer qui que ce soit devant les tribunaux qui ose dire quelquechose qui pourrait éventuellement paraitre antisémite à certains, même si on n'a pas d'arguments.

D’après Alain Finkielkraut, pour caractériser proprement le nouvel antisémitisme, il faudrait l’appeler “islamo-progressiste.”
Là on est carrément dans le domaine de la fantaisie. Après avoir défini le 'nouvel antisémitisme' comme étant humaniste, le voila qui le définit comme étant islamo-progressiste. Qui sont ces progessistes qui font copain-copain avec des islamistes-et pour le compte d'une 'religion humaine' qui plus est?!

C’est cela qu’il faut bien se mettre en tête. Les mêmes qui attaquent aujourd’hui avec véhémence tout ce qui porte le nom d’Israël seront les premiers à se mobiliser contre l’antisémitisme de facture classique. Ils sont antifascistes.

Mais malheuresement, Israel n'est pas un état comme les autres. On peut débattre des fondements impérialistes et racistes d'un état tel que les Etats Unis d'Amérique ou l'Australie (parmis d'autres) sans trop se faire de souci. Mais oser débattre du caractère démocratique d'un état juif et donc par définition exclusif, c'est ce rendre coupable d'antisémitisme.

Les Juifs se sont alors retrouvés dans une situation très étrange, soumis à une espèce de chantage avec un pistolet symbolique sur la tempe. On leur dit: “Vous allez être gentils. Vous ne voulez pas de Dieudonné. Donc, acceptez une fois pour toutes que l’on parle de la mémoire juive à égalité avec la mémoire des autres peuples”. On demande ainsi aux Juifs de “partager” la Shoah.
Et le voila qui confond 'Shoah' et 'esclavage'! Personne ne demande aux juifs de partager la Shoah. Comment serait-ce possible, puisque 'Shoah' est un terme qui désigne l'holocauste juif du XXème siècle. Non, c'est le devoir de mémoire par rapport aux tragédies humaines de notre histoire commune qui leur est demandé.

Voila comment on fait dire aux mots ce qui nous arrange. Si seulement j'avais su ça au moment du bac de philo!

mercredi, août 10, 2005

Les mensonges du lobby Exxon (ESSO)

Courrier International

Enquête / Sur le réchauffement de la planète
5- ETATS-UNIS - Les mensonges du lobby Exxon


Une quarantaine de groupes de pression et de think tanks s’évertuent à présenter le réchauffement climatique comme un canular ou une manipulation. Ils ont tous un point commun, celui d’émarger chez ExxonMobil, première compagnie pétrolière du monde.



Lorsqu’en janvier dernier le romancier Michael Crichton a pris la parole à Washington devant une assistance conviée à un déjeuner-débat, à première vue, on aurait pu penser qu’il ne s’agissait que d’une banale tournée promotionnelle d’un auteur à succès qui avait un livre à vendre. De fait, Crichton était bien là pour assurer la promo de son dernier thriller, State of Fear [Etat de peur, non paru en français]. Dans ce roman antiécologiste à suspense, de sombres écoterroristes tentent de provoquer des catastrophes naturelles pour entretenir des craintes totalement injustifiées sur le changement climatique planétaire. Malgré ce scénario fantaisiste, l’auteur a été accueilli comme un expert par les conseillers politiques bon chic bon genre qui se pressaient ce jour-là dans les élégants salons du Centre de conférences Wohlstetter de l’American Enterprise Institute for Public Policy Research (AEI). Dans son discours de présentation, Christopher DeMuth, président de l’AEI et ancien responsable du budget de Reagan, félicita le romancier d’avoir ainsi réussi à mettre “les données scientifiques les plus sérieuses à la portée d’un public populaire, à travers un récit palpitant”. La conférence était organisée sur le thème : “Quelle politique scientifique pour le XXIe siècle ?” Du haut de ses deux mètres, Crichton, médecin de formation, a la stature d’un joueur de basket-ball et sa prestance comme son passé lui confèrent un certain prestige. Il se dit volontiers “anticonformiste par nature”, mais, ce jour-là, ses propos n’avaient rien pour faire sourciller son public de l’AEI. “J’ai consacré toutes ces dernières années à étudier à la loupe les questions environnementales, et plus particulièrement le réchauffement planétaire”, déclara-t-il avec quelque solennité. “Et j’ai été profondément troublé par ce que j’ai découvert, surtout parce que les preuves avancées sur un grand nombre de questions écologiques présentent, à mon sens, des failles scandaleuses et manquent de fondement.” Après quoi, il entreprit d’éreinter une étude de 1998 sur l’évolution historique des températures, contre laquelle les conservateurs avaient déjà maintes fois choisi de cibler leurs attaques. Pratiquement toute la communauté scientifique s’accorde à dire que les gaz à effet de serre d’origine humaine sont responsables d’une hausse des températures moyennes du globe. Mais les think tanks conservateurs s’emploient à démentir cette conclusion par une campagne de désinformation exploitant des “rapports” contradictoires qui cherchent à se donner toutes les apparences du sérieux pour faire contrepoids aux études scientifiques scrupuleusement vérifiées. Ces think tanks assurent par ailleurs une couverture intellectuelle à ceux qui refusent de se rendre aux conclusions de la science la plus sérieuse qui soit actuellement ; ils offrent des munitions aux législateurs conservateurs comme James Inhofe, sénateur républicain et président de la commission sénatoriale de l’Environnement et des Travaux publics, qui qualifie le réchauffement planétaire de “canular”. Crichton dresse un parallèle entre les climatologues et les nazis Cet effort concerté reflète les convictions des conservateurs les plus farouchement attachés au libéralisme économique, et donc opposés à toute réglementation contraignante. Mais un autre facteur est en jeu : non contents de bénéficier du soutien de personnalités qui partagent leur sensibilité et de fondations qui leur sont idéologiquement favorables, ces groupes de réflexion sont financés par ExxonMobil, la première compagnie pétrolière du monde. Mother Jones a recensé une quarantaine d’organisations financées par ce groupe pétrolier qui ont cherché à saper les résultats scientifiques généralement admis sur le changement climatique planétaire, ou bien entretiennent des liens avec une petite coterie de scientifiques “sceptiques”. Outre les think tanks, la liste compte également des organes quasi journalistiques comme TechCentralStation.com (un site proposant “des informations, des analyses, des recherches et des commentaires”, auquel ExxonMobil a versé 95 000 dollars en 2003), un journaliste de FoxNews.com, et même des groupes religieux et des mouvements des droits civiques. A elles toutes, ces organisations ont encaissé plus de 8 millions de dollars entre 2000 et 2003 (dernière année pour laquelle on dispose de données. Sauf indication contraire, tous les chiffres fournis ci-après portent sur cette période.) Ainsi, le PDG d’ExxonMobil, Lee Raymond, est également vice-président du conseil d’administration de l’AEI, qui a reçu 960 000 dollars d’ExxonMobil. Le Centre d’études sur les réglementations, créé conjointement par l’AEI et la Brookings Institution, qui accueillait officiellement Crichton, a pour sa part perçu 55 000 dollars. Pendant la séance des questions-réponses qui a suivi son discours, Michael Crichton a dressé une analogie entre les convaincus du réchauffement planétaire et les eugénistes nazis : “Si Auschwitz a existé, c’est parce que la science a été politisée.” Cette déclaration en a fait frémir quelques-uns dans la salle, mais il n’a effleuré personne que cette manifestation de l’AEI tendait précisément à cela : politiser la science. Il est vrai que l’assistance était acquise à la cause du conférencier. Parmi ceux qui écoutaient d’une oreille attentive, il y avait Myron Ebell, le responsable des politiques sur le réchauffement global et les questions internationales au Competitive Enterprise Institute (CEI), auquel ExxonMobil a consenti la somme faramineuse de 1 380 000 dollars. Etait également présent, au fond de la salle, Paul Driessen, membre du Committee for a Constructive Tomorrow [Comité pour un avenir constructif] (252 000 dollars) et du Center for the Defense of Free Entreprise [Centre de défense de la libre entreprise] (40 000 dollars). Driessen s’est déclaré “réconforté par le fait qu’ExxonMobil et quelques autres groupes se soient levés pour dénoncer haut et fort cette imposture scientifique”. Dans son rapport de mécénat, ExxonMobil explique soutenir des groupes de réflexion sur les politiques gouvernementales “dont la vocation est de rechercher des solutions libérales aux problèmes de politique”. Ce que l’entreprise ne dit pas, c’est que beaucoup de ces groupes remettent en cause non seulement le protocole de Kyoto ou la loi McCain-Lieberman [qui propose un mécanisme de réduction des émissions de gaz à effet de serre] pour des raisons économiques, mais aussi les études scientifiques portant sur le changement climatique. Interrogée sur ce point, Lauren Kerr, porte-parole du géant pétrolier, assure qu’“ExxonMobil a toujours été très transparent et très ouvert sur le fait que, comme bien d’autres entreprises, institutions et chercheurs respectés, nous pensons que les preuves scientifiques sur les émissions de gaz à effet de serre restent peu concluantes et que les études doivent se poursuivre”. Elle s’empresse par ailleurs de souligner qu’ExxonMobil sponsorise généreusement des programmes de recherche universitaire – la compagnie envisage ainsi de doter de 100 millions de dollars le Projet sur le climat planétaire et l’énergie de l’université Stanford, et finance même la très prestigieuse Académie nationale des sciences. Aucune autre entreprise ne semble pourtant se démener autant pour soutenir les détracteurs du réchauffement planétaire. “Un grand nombre d’entreprises ont versé des fonds par-ci par-là, mais je serais surpris d’apprendre qu’il y ait eu un mécène plus généreux qu’Exxon”, explique Myron Ebell, représentant du CEI, qui, en 2000, puis à nouveau en 2003, a engagé une procédure judiciaire contre l’Etat afin de faire interrompre la diffusion d’un rapport datant de l’époque Clinton et montrant l’impact des changements climatiques sur les Etats-Unis. Pour ces deux procès, l’avocat principal chargé de défendre le dossier du CEI était Christopher Horner – participant du déjeuner-débat de Crichton –, à qui le CEI verse 60 000 dollars d’honoraires annuels. Or en 2002, ExxonMobil a affecté 60 000 dollars aux “activités juridiques” du CEI. Les dépenses qu’ExxonMobil consacre aux groupes de réflexion sont sans commune mesure avec son budget de lobbying – 55 millions de dollars au cours des six dernières années, selon le Centre pour la transparence publique. Et ni l’un ni l’autre de ces chiffres n’entame beaucoup le bénéfice net de la compagnie – qui a engrangé 25,3 milliards de dollars l’année dernière. Mais ce “lobbying d’idées” peut sensiblement influencer les politiques gouvernementales. Prenons par exemple les attaques des amis d’ExxonMobil contre l’Evaluation de l’impact des changements climatiques dans l’Arctique (ACIA). Publiée en novembre dernier, cette étude internationale de référence a mobilisé quelque 300 chercheurs pendant quatre ans. Commanditée par le Conseil arctique (forum intergouvernemental où les Etats-Unis sont représentés), elle relève notamment que l’Arctique est en train de se réchauffer “presque deux fois plus vite que le reste du monde”, et que les premiers effets du changement climatique, comme la fonte de la banquise et des glaciers, sont déjà manifestes et “réduiront considérablement l’habitat marin des ours polaires, des phoques et de certains oiseaux marins, précipitant l’extinction de certaines espèces animales”. Les défenseurs de l’industrie ont tiré à boulets rouges sur cette étude mais, faute de faits scientifiques pour étayer leurs arguments, ils ont utilisé des fragments et des communiqués de presse. “L’alerte sur l’extinction de l’ours polaire a du plomb dans l’aile”, proclamait en manchette le chroniqueur de FoxNews.com Steven Milloy, chercheur adjoint au Cato Institute (75 000 dollars d’ExxonMobil) et éditeur du site Internet JunkScience.com. Le surlendemain, le très conservateur Washington Times reprenait dans ses colonnes le même article. Aucun de ces titres de presse ne prenait toutefois la peine de préciser que Milloy, qui bat régulièrement en brèche les inquiétudes sur le climat, dirige deux organisations qui émargent chez ExxonMobil. Au-delà de la question de la déontologie journalistique, et d’un point de vue purement scientifique, les reproches qu’adressait Milloy à l’ACIA étaient d’une telle ineptie qu’ils en étaient comiques. Citant un seul et unique graphique extrait du résumé de 146 pages d’un rapport scrupuleusement annoté qui en compte plus de 1 200, il affirmait que le document “se discrédite assez bien tout seul”, car les hautes températures enregistrées dans l’Arctique “vers 1940” donnent à penser que le pic de température actuel pourrait être mis sur le compte de la variabilité naturelle. Ce qui n’a pas empêché d’autres groupes de s’empresser de reprendre à leur compte les accusations de Milloy. Le Fraser Institute de Vancouver, pour ne citer que lui (60 000 dollars), se joignit à la curée, qualifiant le document d’“excellent exemple du stratagème de la panique que privilégient les militants antiénergie : utiliser des modèles informatiques simplifiés pour émettre des hypothèses d’avenir largement injustifiables, afin de produire un inventaire à la Prévert de projections effarantes”. Dans le même communiqué, le Fraser Institute ajoutait que “2004 a été l’une des années les plus froides de l’histoire récente”. Remarquons qu’un mois plus tard l’Organisation météorologique des Nations unies déclarait 2004 “la quatrième année la plus chaude d’après les relevés de températures effectués depuis 1861”. Il est vrai que la science n’a pas toujours eu le poids qu’elle a aujourd’hui. Il y a peu encore, pratiquement tous les secteurs industriels exploitant les énergies fossiles – les constructeurs automobiles, les centrales énergétiques, les mines de charbon et même les chemins de fer – se positionnaient aux côtés d’ExxonMobil pour la remettre en cause. En 1989, l’industrie du pétrole, celle de l’automobile et la National Association of Manufacturers [l’Association nationale de l’industrie manufacturière] ont créé la Global Climate Coalition [GCC, Coalition sur le climat planétaire] pour faire front contre les mesures contraignantes adoptées en réponse au réchauffement planétaire. Une liste noire de climatologues dont Bush allait se débarrasser Mais tandis que l’industrie mobilisait le camp des sceptiques, une collaboration scientifique internationale se mettait en place, qui devait changer à jamais les termes du débat. En 1988, sous l’égide des Nations unies, des scientifiques et des responsables gouvernementaux ont lancé le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), un organisme scientifique international qui ferait plancher des milliers d’experts sur la question et s’imposerait comme la référence en matière de climatologie. Dans son premier rapport d’évaluation, publié en 1990, le GIEC exprimait encore une marge raisonnable de doute. Mais le deuxième rapport du Groupe, achevé en 1995, concluait que la marque distinctive de l’action humaine était évidente. Le troisième rapport du GIEC, en 2001, affirme que les émissions anthropiques de gaz à effet de serre risquent, si on les laisse progresser hors de tout contrôle, de faire grimper les températures mondiales moyennes de 1,4 °C à 5,8 °C d’ici à 2100. “Il est très rare que les milieux scientifiques parviennent à un consensus aussi marqué que celui qui s’est créé autour de ce sujet”, écrivait en 2001 dans son éditorial le rédacteur en chef de la revue Science, Donald Kennedy. Même certaines grandes entreprises qui étaient jusqu’alors du côté des “sceptiques” ont alors changé de camp. Les principales compagnies pétrolières comme Shell, Texaco et British Petroleum, et avec eux plusieurs constructeurs automobiles comme Ford, General Motors et DaimlerChrysler, ont quitté la Global Climate Coalition, qui elle-même a cessé ses activités après 2002. Pourtant le front du déni persistait – mené notamment par ExxonMobil et l’Institut américain du pétrole, dont ExxonMobil est l’un des membres les plus en vue. L’un des fers de lance du mouvement était Randy Randol, lobbyiste d’ExxonMobil qui a récemment pris sa retraite mais semble avoir été très efficace pendant le premier mandat de George W. Bush. Moins d’un mois après l’entrée en fonction de Bush, il a envoyé un mémorandum au Conseil de la Maison-Blanche sur la qualité de l’environnement (CEQ). Dans ce texte, il dénonçait le président du GIEC de l’époque, Robert Watson, grand nom des sciences atmosphériques, comme quelqu’un qui avait été “choisi par Al Gore” et dont l’objectif réel était d’“offrir une tribune médiatique à ses opinions”. (Lorsque l’existence de ce mémo a été ébruitée, ExxonMobil a pris une position curieuse, admettant que Randol l’avait transmis au CEQ mais précisant qu’il n’émanait ni de lui ni d’aucune autre personne liée à la compagnie.) “Est-il maintenant possible de remplacer Watson à la demande des Etats-Unis ?” interrogeait-il sans ambages. Le texte mettait en cause d’autres experts du climat de l’administration Clinton, cherchant à savoir s’ils avaient été “démis de leur position d’influence”. C’était ni plus ni moins la liste noire des climatologues attachés au gouvernement américain, dressée par l’industrie. Un an plus tard, Bush empêchait la réélection de Watson au poste de président du GIEC. En fait, les liens d’ExxonMobil avec l’administration actuelle vont beaucoup plus loin, filtrant jusqu’aux niveaux décisionnaires les plus bas mais aussi les plus déterminants. Le mémo “transmis” par Randy Randol recommandait par exemple de faire intervenir Harlan Watson, membre républicain de la commission parlementaire sur les Sciences, pour pousser les efforts diplomatiques des Etats-Unis sur la question du changement climatique. Ce Harlan Watson – rien à voir avec le précédent – est maintenant “responsable des négociations sur le climat” pour le département d’Etat. Le réchauffement ne serait qu’un immense canular Dans le même esprit, l’administration Bush a nommé à la tête du CEQ l’ancien avocat de l’Institut américain du pétrole, Philip Cooney – opposant déclaré du protocole de Kyoto, qui dirigeait la “cellule climat” de l’Institut. En juin 2003, le New York Times rapportait que le CEQ avait édulcoré les commentaires sur le changement climatique d’un rapport de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), ce qui avait contraint les chercheurs de l’EPA à dénoncer ce document, lui reprochant de “ne plus offrir une image fidèle du consensus scientifique”. Le 16 février 2005, 140 pays ont célébré la ratification du protocole de Kyoto. Dans les semaines qui ont précédé, alors que les amis d’ExxonMobil prenaient les devants pour protéger l’administration Bush des critiques que lui vaudrait inévitablement son refus de signer le traité international prévoyant des mesures pour limiter le réchauffement planétaire, une nouvelle audition parlementaire fut organisée. Cet événement, accueilli sous les lambris de bois d’une salle sombre du Sénat, ne pouvait qu’inspirer le respect. Mais il n’était pas plus objectif que le discours de Crichton. Le panel d’experts, sponsorisé par l’Institut George C. Marshall et la Cooler Heads Coalition, réunissait Myron Ebell, l’avocat Christopher Horner et William O’Keefe – dont la carte de visite décline les titres de PDG de l’Institut Marshall, ancien cadre de l’Institut américain du pétrole et président de la Global Climate Coalition. Mais personne n’incarnait mieux l’esprit de cet événement que le maître de cérémonie lui-même : le sénateur Inhofe. Déclarant que le roman de Crichton devrait être une “lecture obligatoire”, il demanda à ceux de l’assistance qui l’avaient lu jusqu’au bout de lever la main. Puis il se lança dans une diatribe contre les tenants du réchauffement climatique et stigmatisa l’étude d’impact sur l’Arctique (ACIA), qui, selon lui, ne s’appuyait sur “aucune note ni citation” – ce qui est effectivement le cas du résumé de l’étude, conçu comme “une synthèse en langage simple” du rapport scientifique dûment référencé. En tout état de cause, Inhofe avait mené sa propre enquête. Il sortit de sa manche un article de Time Magazine remontant à 1974 et, d’un air narquois, cita ce papier vieux de trente ans qui tirait la sonnette d’alarme sur le refroidissement des températures mondiales. Dans un résumé expéditif, il répéta que l’idée que les humains soient responsables d’un réchauffement planétaire était ni plus ni moins “un canular”, et qualifia tous ceux qui pensaient autrement d’“hystériques et de gens qui font de l’hystérie leur fonds de commerce. Il s’agit ici d’une véritable religion.” Ayant ainsi balayé d’un revers de main quelque 2 000 scientifiques, toutes les données qu’ils avaient pu collationner, les archives climatiques et les preuves de la fonte des glaciers, du recul des terres insulaires et de la disparition de biotopes, comme autant d’hystériques, de totems et de mythes, Inhofe se jura de continuer à se battre avec détermination pour sa conception de la vérité et de “porter ce combat sur le terrain du Sénat”.
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L’Amicale de la Terre froide
Voici quelques-uns des principaux “sceptiques” financés par ExxonMobil, connu en France sous la marque Esso.

Siegfried F. Singer
Parrain de la contestation du réchauffement planétaire, il a publié The Scientific Case Against the Global Climate Treaty [Le dossier scientifique contre le traité sur le réchauffement planétaire] et Hot Talk, Cold Science: Global Warming’s Unfinished Debate [Les discours enflammés face aux faits scientifiques : le débat inachevé du réchauffement planétaire]. Sa phrase choc : “Il n’existe aucune preuve convaincante attestant que le climat de la planète soit réellement en train de se réchauffer.” Il est lié à au moins sept groupes financés par ExxonMobil.

Patrick Michaels
Climatologue à l’université de Virginie et membre du Cato Institute, c’est l’un des sceptiques les plus souvent cités. Il a bénéficié de très généreuses dotations du secteur de l’énergie. Auteur de The Satanic Gases [Les gaz sataniques] et de Meltdown: The Predictable Distortion of Global Warming by Scientists, Politicians, and the Media [La fonte des glaces :les déformations prévisibles du réchauffement planétaire par les scientifiques, les politiciens et les médias]. Lié à au moins sept groupes financés par ExxonMobil.

Steven Milloy
Chroniqueur de FoxNews.com et responsable des sites Internet JunkScience.com et CSRWatch.com, il dirige également l’Advancement of Sound Science Center et le Free Enterprise Action Institute. Ces deux groupes, apparemment domiciliés chez lui, ont perçu 90 000 dollars de donations d’ExxonMobil. Sa phrase choc : la date de l’entrée en vigueur de Kyoto “restera marquée du sceau de l’infamie scientifique et économique”. Lié à au moins cinq groupes financés par ExxonMobil.

Sallie Baliunas
Astrophysicienne du Harvard-Smithsonian Center, elle procure, avec son collègue Willie Soon, une couverture scientifique aux détracteurs du réchauffement planétaire depuis le milieu des années 1990. Baliunas et Soon ont publié un article – partiellement financé par l’Institut américain du pétrole – assurant que le XXe siècle n’avait battu aucun record de chaleur. Leurs conclusions ont été saluées par le camp des sceptiques, qui y ont vu “la quintessence de la science”. Baliunas et Soon sont l’un et l’autre liés à au moins quatre groupes financés par ExxonMobil.

Paul Driessen
Lié à au moins cinq groupes financés par ExxonMobil. Il a écrit le livre Eco-Imperialism: Green Power, Black Death, qui prétend que le réchauffement climatique est une invention dirigée contre les Noirs.
Chris Mooney

Mother Jones